J’ai lu Caresser le velours de Sarah Waters

Sarah Waters – Caresser le velours

Editions 10/18

 

Résumé :

Nancy, 18 ans, vit avec sa famille dans le Kent. Elle travaille dans le restaurant de ses parents comme écaillère, ouvrant les huitres et écaillant les poissons. Le week-end, avec sa sœur Alice, elle se rend au music-hall. Un soir, elle découvre, Kitty, une nouvelle artiste qui se produit avec un numéro de travesti. Au premier regard, Nancy en tombe amoureuse. Désormais, elle ne manque plus aucune de ses représentations. Un soir Kitty, qui l’a remarquée, l’invite à venir la voir dans sa loge. Kitty la prend en amitié et Nancy passe son temps dans les loges pendant le spectacle, désespérée de devoir partager sa Kitty avec le public.

Un jour, Walter, un impresario, repère Kitty, et lui propose de venir jouer dans les théâtres Londoniens. Kitty, qui ne peut pas passer à côté d’une telle opportunité, offre alors à Nancy de l’accompagner en devenant son habilleuse. Nancy n’hésite pas un instant, malgré l’inquiétude et la tristesse de ses proches et part pour Londres. Kitty se produit dans de nombreux music-halls à un rythme infernal. Pendant plusieurs mois, elles dorment côte à côte dans le même lit pour le plus grand supplice de Nancy jusqu’à un soir où elles deviennent amantes.

Sous l’impulsion de Walter, elles montent alors un duo qui les propulse sur les plus grandes scènes de Londres. Amoureuses, célèbres, leur bonheur est complet jusqu’au jour où Nancy découvre Kitty au lit avec Walter…

 

L’auteure

Sarah Waters est une romancière britannique homosexuelle, née en 1966. Elle a écrit 6 romans, qui évoquent, presque tous, des amours lesbiens. Elle a reçu de nombreux prix et certains de ses livres ont été adaptés au cinéma ou à la télévision.

 

A quel public ce livre s’adresse-t-il ?

Il s’agit d’un roman historique, qui se déroule dans à Londres à la fin du 19ème siècle. On est plongé dans un monde foisonnant et fort bien détaillé, mêlant music-hall, condition féminine, prostitution, pauvreté, richesse, syndicalisme et socialisme…

Il s’adresse à un public de bons lecteurs. D’abord parce que c’est un pavé de presque 600 pages. Ensuite le style d’écriture est très classique, reprenant le langage et les expressions de l’époque victorienne.

C’est un roman érotique également, qui traite des plaisirs saphiques. Le ton et le phrasé montent crescendo. Le début du roman, plutôt sensuel avec la découverte des plaisirs devient ensuite plus osé voire licencieux dans la description des scènes érotiques au fur et à mesure que Nancy acquière de l’expérience.

 

Mon avis

Tout d’abord ce livre est vraiment bien écrit. Sarah Waters possède une belle plume, rythmée et immersive.

Son roman retrace tout le parcours initiatique de la jeune et naïve mais déterminée Nancy. De péripétie en péripétie, elle trouvera petit à petit sa place. L’histoire m’a tenu en haleine, les rebondissements sont savamment distillés et inattendus. Le ressenti de l’héroïne, l’ambiance victorienne, les différents univers sont décrits avec beaucoup de justesse et extrêmement détaillés. Je me suis laissée immerger avec facilité dans cette époque qui m’était complètement inconnue et dans les aventures de la jeune Nancy, parfois agaçante mais très attachante. Les mots crus côtoient les phrases au langage soutenu avec subtilité.

Au final, cette histoire pourrait s’inscrire dans l’époque actuelle. On retrouve des femmes homosexuelles qui assument, celles qui se cachent ou au contraire provoquent. Entre préjugés, non-dits, rejets ou acceptation, le monde a finalement peu changé depuis l’époque victorienne.

 

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